Mise à jour le 12/08/2026
Douleurs au dos, aux épaules, aux poignets ou aux cervicales : les troubles musculo-squelettiques (TMS) touchent beaucoup de salariés, quel que soit leur secteur d’activité. Première cause de maladies professionnelles en France, ils peuvent entraîner des conséquences sur la santé, le maintien dans l’emploi et l’autonomie des personnes concernées. Quels sont les facteurs de risque, comment les prévenir et pourquoi représentent-ils un véritable enjeu pour les entreprises ? PRÉVOIR vous explique.
Qu’est-ce que les troubles musculo squelettiques ?
Les troubles musculo-squelettiques (TMS) désignent des problèmes de santé qui affectent les muscles, les tendons, les articulations, les ligaments ou encore les nerfs. Ils apparaissent généralement de façon progressive lorsque certaines parties du corps sont soumises à des contraintes répétées, à des efforts excessifs ou à des postures inadaptées sur une longue période. Souvent perçus comme de simples douleurs passagères, les TMS peuvent pourtant devenir chroniques et limiter durablement les capacités physiques de la personne concernée. Ils touchent aussi bien les travailleurs exerçants une activité manuelle que les salariés de bureau, dont les gestes répétitifs et la sédentarité peuvent également favoriser leur apparition. Aujourd’hui, les TMS représentent un enjeu majeur de santé au travail en raison de leur impact sur le bien-être des salariés, leur maintien dans l’emploi et dans les situations les plus sévères, sur la préservation de leur autonomie à long terme.
Quels sont les facteurs à l’origine des troubles musculo-squelettiques ?
Les troubles musculo-squelettiques (TMS) apparaissent généralement sous l’effet de contraintes répétées ou prolongées qui sollicitent excessivement certaines parties du corps. Parmi les principaux facteurs de risque, on retrouve :
- Les gestes répétitifs, qui sollicitent de façon continue les mêmes muscles, tendons ou articulations
- Les postures contraignantes, comme le travail avec les bras en hauteur, l’accroupissement prolongé ou le maintien d’une même position pendant de longues périodes.
- Le port de charges lourdes et les efforts physiques, qui accentuent les contraintes exercées sur le dos, les épaules ou les membres supérieurs.
- Les vibrations mécaniques, notamment lors de l’utilisation régulière de certains outils ou engins.
- Une organisation du travail inadaptée, caractérisée par des cadences élevées, un manque de temps de récupération ou une faible rotation des tâches.
- Les facteurs individuels, tels que l’âge, la condition physique, certaines pathologies ou encore les antécédents de blessures.
Dans la majorité des cas, les TMS ne sont pas liés à un facteur unique. Ils résultent plutôt de l’accumulation de plusieurs contraintes du quotidien.
Nos conseils pour prévenir les TMS
Quelques gestes simples et bonnes pratiques permettent de réduire le risque de TMS, les voici :
- Aménagez votre poste de travail : écran à hauteur des yeux, siège réglé à la bonne hauteur et bras à 90° permettent de réduire les tensions musculaires
- Bougez régulièrement : évitez de rester dans la même position pendant plusieurs heures, que vous soyez debout ou assis
- Faites des micro-pauses : quelques minutes toutes les heures suffisent pour relâcher les muscles et changer de posture
- Privilégiez les aides à la manutention : chariots, diables ou équipements de levage limitent les efforts inutiles
- Adoptez les bons gestes : pour soulever une charge, pliez les genoux et garder le dos droit afin de préserver votre colonne vertébrale
- Alternez les tâches : varier les mouvements permet de solliciter différentes zones du corps et de limiter les efforts répétitifs
- Entretenez votre condition physique : une activité physique régulière contribue à renforcer les muscles et à améliorer la souplesse des articulations
- Soyez attentif aux premiers signes d’alerte : douleurs, picotements, engourdissements ou perte de force ne doivent pas être ignorés
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Quels secteurs sont les plus exposés aux TMS ?
Les troubles musculo-squelettiques peuvent concerner tous les secteurs d’activité. Toutefois, certains métiers présentent un risque plus élevé en raison des contraintes physiques, des gestes répétitifs ou des postures de travail qu’ils imposent au quotidien.
Les secteurs les plus concernés sont :
- Le bâtiment et les travaux publics (BTP), en raison du port de charges lourdes, des postures contraignantes et des efforts physiques répétés
- L’industrie, où les tâches répétitives et les cadences soutenus sont fréquentes
- La logistique et le transport avec le chargement et déchargement de marchandises, déplacements fréquents et port de charges lourdes
- Le secteur de la santé et de l’aide à la personne, notamment lors des transferts ou de l’accompagnement des patients
- Le commerce et la grande distribution : mise en rayon, préparation de commandes, encaissement ou manutention de produits
- L’agriculture, qui combine souvent efforts physiques, postures pénibles et utilisation d’équipements vibrants
- L’hôtellerie-restauration, en raison du service debout et de la répétition de certains gestes
TMS : quelles répercussions pour les salariés ?
Bien plus qu’une simple douleur passagère, un TMS peut entraîner des conséquences sur la santé, le quotidien et le parcours professionnel des salariés. Lorsqu’ils deviennent chroniques ces troubles peuvent limiter certains mouvements, réduire les capacités physiques, et compliquer l’exercice de l’activité professionnelle.
Voici les conséquences pour les salariés :
- La lombalgie est la première cause d’inaptitude au travail avant 45 ans
- 48 % des TMS entrainent des séquelles lourdes, pouvant conduire à une inaptitude permanente
- Les personnes concernées présentent un risque accru de désinsertion professionnelle
Le saviez-vous ? En France, 88 % des maladies professionnelles reconnues sont des TMS, 1 accident du travail sur 2 est lié à la manutention manuelle et le mal de dos représente un tiers de ces accidents1.
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Quelles sont les conséquences pour les chefs d’entreprise ?
Pour les employeurs, les TMS représentent un coût humain, organisationnel et financier important. Au-delà des conséquences sur la santé des salariés, ils peuvent entraîner des absences prolongées, perturber l’organisation des équipes et affecter la productivité de l’entreprise.
- 20 % des indemnités journalières versées le sont au titre des TMS
- Un arrêt de travail lié à un accident du dos dure en moyenne trois mois
- 2,4 milliards d’euros de cotisations sont versés chaque année pour les lombalgies et les TMS
- Plus de 20 millions de journées de travail sont perdues chaque année en raison des TMS et des lombalgies liées aux manutentions manuelles2
A cela, s’ajoute le remplacement des salariés absents, la réorganisation des équipes, la baisse de productivité ou encore la perte de compétences.
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(1) Ameli, Les TMS : pourquoi et comment agir, 16 mars 2026
(2) Ameli, Les TMS : pourquoi et comment agir, 16 mars 2026