Mise à jour le 10 avril 2026
Avec l’âge ou la maladie, certains gestes du quotidien deviennent plus compliqués. Pourtant, la majorité des personnes âgées souhaitent continuer à vivre chez elles, dans un environnement familier. Adapter son logement et s’équiper de solutions adaptées permet de sécuriser le quotidien et de prolonger le maintien à domicile dans de bonnes conditions. PRÉVOIR vous éclaire.
Maintien à domicile ou établissement spécialisé : comment faire le bon choix
L’avancée en âge ou l’apparition de certaines pathologies peuvent impacter l’autonomie au quotidien. Se déplacer, cuisiner, s’habiller ou se lever peuvent nécessiter davantage d’efforts, voire parfois l’intervention d’un proche ou d’un professionnel. Dans ce contexte, une question essentielle se pose : est-il préférable de rester à domicile ou d’envisager un accompagnement en établissement spécialisé ?
Comprendre la perte d’autonomie et ses impacts au quotidien
La perte d’autonomie désigne une diminution des capacités physiques ou cognitives, rendant la réalisation de gestes du quotidien plus difficile. Elle peut apparaître progressivement avec l’âge, mais aussi à la suite d’une maladie, d’un accident ou d’une pathologie chronique.
Elle peut se traduire par :
- des difficultés à se déplacer (marcher, monter des escaliers, se lever),
- un besoin d’aide pour les tâches domestiques (courses, ménage, préparation des repas),
- une perte d’autonomie dans les gestes essentiels, comme s’habiller ou se laver.
Ces limitations ont des conséquences directes sur la vie quotidienne. Elles peuvent réduire les déplacements, fragiliser l’autonomie et favoriser l’isolement. La peur de chuter ou de se blesser peut également entraîner une perte de confiance.
> Qu'est ce que la perte d'autonomie ?
La perte d’autonomie impacte aussi l’entourage car les proches sont souvent sollicités pour accompagner la personne dans ses activités quotidiennes, ce qui peut modifier l’organisation familiale.
> Et vous, êtes-vous un proche aidant ?
Quel est le rôle des établissements spécialisés (EHPAD) ?
Les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) accueillent des personnes dont la perte d’autonomie ne permet plus un maintien à domicile dans des conditions sécurisées.
Ces structurent offrent un cadre de vie sécurisé, un accompagnement dans les actes du quotidien comme la toilette, l’habillage et le déplacement et surtout, un suivi médical assuré par des équipes soignantes, constituées d’infirmiers et de médecins.
L’entrée en EHPAD constitue un changement important.
En effet, quitter son domicile et ses repères peut nécessiter un temps d’adaptation et le coût du séjour dans ce type d’établissement peut représenter un frein pour certaines familles. C’est la raison pour laquelle cette solution est le plus souvent envisagée uniquement lorsque le maintien à domicile devient trop compliqué à gérer, voire dangereux.
Le saviez-vous ? Fin 2019, 730 000 Français étaient en hébergement pour personnes âgées et plus de 80 d’entre eux résidaient en Ehpad1.
Pourquoi le maintien à domicile est souvent privilégié ?
Pour la grande majorité des personnes âgées, rester chez soi est une priorité. En effet, près de 92 % des plus de 65 ans souhaitent continuer à vivre à leur domicile le plus longtemps possible2.
Cela s’explique notamment car le logement représente un espace familier où se trouvent les repères, les habitudes et les souvenirs d’une vie. C’est un environnement qui contribue au bien-être psychologique et au sentiment de sécurité.
Il favorise également le lien social car les visites des proches, des voisins ou des amis participent à rompre l’isolement et à préserver une vie sociale active.
> L'importance de rester connecté en cas d'isolement et de perte d'autonomie
Comment aménager le logement pour sécuriser le maintien à domicile ?
Les accidents domestiques, et en particulier les chutes, représentent l’un des principaux risques pour personnes âgées ou en perte d’autonomie vivant à domicile. Pourtant, une grande partie de ces accidents peut être évitée grâce à des aménagements simples et à une organisation adaptée du logement.
Comment prévenir les chutes et sécuriser les déplacements dans le logement ?
Les chutes à domicile sont l’une des premières causes d’accidents chez les personnes âgées. Elles peuvent entraîner des blessures, mais aussi une perte de confiance dans les déplacements, ce qui accélère la perte d’autonomie. La prévention est donc un élément essentiel du maintien à domicile.
En 2022, environ deux millions de chutes de senior étaient recensées en France, responsables de 10 000 décès et de plus de 130 000 hospitalisations3.
Pour réduire ces risques, il est important d’identifier les principaux dangers dans le logement. Certains éléments du quotidien peuvent en effet devenir problématiques lorsqu’ils encombrent les zones de passage ou limitent la visibilité.
Parmi les situations les plus fréquentes, on retrouve :
- les tapis mal fixés ou glissants,
- les câbles électriques qui traversent les espaces de circulation,
- ou encore, des objets laissés au sol ou dans les couloirs.
Pour limiter ces risques, plusieurs actions simples peuvent être mises en place. Par exemple, il est recommandé de fixer les tapis avec des dispositifs antidérapants, de sécuriser les câbles le long des murs ou dans des gaines, et de veiller à garder les espaces de circulation totalement dégagés.
Par ailleurs, l’éclairage joue également un rôle essentiel dans la prévention des chutes car un logement pas suffisamment éclairé augmente fortement les risques d’accident et ce, notamment dans des zones de passage comme des escaliers, des couloirs ou les entrées. Il est donc conseillé d’assurer un éclairage homogène dans toutes les pièces.
Bon à savoir : pour renforcer la sécurité la nuit, l’installation de détecteurs de mouvement permet d’éclairer automatiquement les déplacements entre les pièces, comme entre la chambre et la salle de bain par exemple.
Adapter les pièces du logement : cuisine, salle de bain et escaliers
Certaines pièces du logement concentrent davantage de risques et nécessitent des aménagements spécifiques. C’est notamment le cas de la cuisine, de la salle de bain et des escaliers.
Dans la cuisine, l’objectif est de réduire les mouvements dangereux et de faciliter l’accès aux objets du quotidien. Pour cela, il est recommandé de placer les objets utilisés quotidiennement à hauteur accessible, d’éviter les rangements trop bas ou trop hauts et de privilégier les équipements légers et faciles à manipuler.
Bon à savoir : il est conseillé d’installer des plaques de cuisson sécurisées avec arrêt automatique afin de limiter les risques d’oubli ou d’accident domestique.
La salle de bain est également l’une des pièces les plus dangereuses du logement en raison de l’humidité et des surfaces glissantes. Elle nécessite ainsi des aménagements adaptés pour réduire les risques de chute. Parmi les solutions les plus efficaces, on y trouve : l’installation d’une douche de plain-pied pour supprimer les obstacles, l’ajout d’une barre d’appui près de la douche ou de la baignoire, l’utilisation de tapis ou de revêtements antidérapants, et enfin, l’installation d’un siège de douche pour sécuriser la toilette.
Enfin, les escaliers représentent aussi un point de vigilance important dans le logement car ils sollicitent fortement l’équilibre et la mobilité. Voici quelques conseils pour les sécuriser :
- vous pourriez installer une rampe solide, idéalement des deux côtés quand c’est possible,
- poser des bandes antidérapantes sur chaque marche,
- garantir un éclairage suffisant pour bien distinguer les marches.
Bon à savoir : La stabilité des meubles et des appareils électroménagers doit être vérifiée régulièrement.
Comment faciliter le quotidien grâce à des équipements adaptés ?
Au-delà de l’aménagement du logement, il existe de nombreux équipements et solutions permettant de compenser les difficultés liées à la perte d’autonomie. Ces aides jouent un rôle essentiel pour faciliter le quotidien, sécuriser les déplacements et préserver l’autonomie le plus longtemps possible.
Quelles aides techniques pour faciliter les déplacements au quotidien ?
Les aides techniques regroupent l’ensemble des équipements conçus pour accompagner les personnes en perte d’autonomie dans leurs activités quotidiennes. Elles concernent aussi bien les déplacements que les gestes essentiels de la vie courante.
Pour les déplacements, certains dispositifs permettent de sécuriser la marche et de réduire les risques de chute. Il peut s’agir :
- de cannes pour améliorer l’équilibre,
- de déambulateurs pour sécuriser la marche,
- de fauteuils roulants lorsque la mobilité est la plus réduite.
Ces équipements permettent de conserver une autonomie dans les déplacements, tout en limitant les efforts physiques.
Bon à savoir : les solutions de téléassistance complètent ces équipements. Elles peuvent permettre d’alerter un proche ou un service d’assistance en cas de chute par exemple. Généralement portées sous forme de bracelet ou de pendentif, elles offrent une sécurité et rassurent aussi bien la personne dépendante que ses proches.
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Comment anticiper la perte d’autonomie et quelles aides financières existent ?
Anticiper la perte d’autonomie permet de mettre en place progressivement des solutions adaptées avant que les difficultés ne deviennent trop importantes.
Plusieurs aides financières existent pour accompagner les personnes âgées et leurs proches dans ces démarches. La principale est l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) qui permet de financer une partie des aides à domicile ou certains équipements nécessaires au maintien à domicile.
Selon la situation, d’autres dispositifs peuvent être mobilisés : les caisses de retraite, les collectivités locales ou encore certains organismes sociaux proposent des aides complémentaires pour l’adaptation du logement ou l’achat de matériel médical. Dans tous les cas, il est recommandé de se faire accompagner afin d’identifier les aides disponibles et de constituer les dossiers car une bonne anticipation peut permettre la mise en place avancée de solutions adaptées et moins contraignantes, à la fois pour la personne et pour ses proches.
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(1)« Des résidents de plus en plus âgés et dépendants dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées », Direction de la recherche, des études et de l’évaluation des statistiques (DREES), 2022.
(2) « Maintien à domicile », L’Assurance Maladie, 2025
(3) « Plan antichute des personnes âgées », Ministère chargé de l’autonomie, 2022