Mise à jour le 11/08/2026
Un accident du travail peut survenir à tout moment, quel que soit le secteur d’activité. Entre l’entreprise utilisatrice, l’agence d’intérim et les organismes de protection sociale, les démarches peuvent sembler complexes pour les salariés intérimaires. Déclaration, indemnisation, prise en charge des soins et maintien des revenus. Quels sont les droits des travailleurs intérimaires en cas d’accidents du travail ? PRÉVOIR vous explique.
Qu’est-ce qu’un accident du travail ?
Une chute dans un entrepôt, une blessure lors de la manipulation d’un outil ou encore un malaise survenu pendant une mission : lorsqu’un évènement lié à l’activité professionnelle provoque une atteinte à la santé, il peut être qualifié d’accident du travail.
Cela repose sur trois éléments :
- Un évènement soudain et daté
- Un dommage physique ou psychologique constaté
- Un lien avec l’activité professionnelle
Pour un salarié intérimaire, cette protection s’applique dès lors que l’accident intervient au cours de sa mission, que ce soit sur son poste de travail, lors d’un déplacement effectué pour les besoins de l’entreprise ou dans toute situation directement liée à l’exécution de son contrat. La reconnaissance de l’accident du travail ouvre alors droit à une prise en charge et selon les cas, à une indemnisation spécifique.
Le saviez-vous ? Les accidents survenant lors du trajet entre le domicile et le lieu de travail peuvent également bénéficier d’une protection, sous certaines conditions.
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Accident du travail en intérim : comment limiter les risques ?
Même si le risque zéro n’existe pas, de nombreux accidents du travail peuvent être évités grâce à une politique de prévention efficace et à l’implication de chacun. Dans le cadre d’une mission d’intérim, la sécurité repose à la fois sur l’entreprise d’accueil, qui doit évaluer les risques liés au poste et fournir les équipements adaptés, et sur le salarié intérimaire, qui doit respecter les consignes de sécurité qui lui sont communiquées.
Pour réduire les risques d’accident, quelques bonnes pratiques sont essentielles :
- Participer aux formations sécurité proposées par l’entreprise
- Porter systématiquement les équipements de protection individuelle (EPI) mis à disposition
- Respecter les consignes de sécurité et les procédures de travail
- Signaler toute situation dangereuse ou tout matériel défectueux
- Ne pas effectuer une mission pour laquelle vous n’avez pas été formé ou habilité
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Comment déclarer un accident du travail en intérim ?
En cas d’accident du travail, plusieurs acteurs interviennent dans les démarches : le salarié intérimaire, l’entreprise dans laquelle il effectue sa mission et l’agence d’intérim qui reste son employeur. Pour garantir une prise en charge rapide et faciliter l’indemnisation, il est important que chacun respecte ses obligations.
Quelles sont les obligations du salarié intérimaire ?
Lorsqu’un accident survient pendant une mission, le salarié intérimaire doit réagir rapidement afin de permettre la reconnaissance de l’accident du travail et la prise en charge de sa situation. Vous devez :
- Prévenir l’entreprise dans laquelle vous effectuez votre mission afin que les circonstances de l’accident puissent être constatées
- Informer votre agence d’intérim, ou faire transmettre l’information par un proche si vous n’êtes pas en mesure de la faire
- Consulter un professionnel de santé pour établir un certificat médical précisant les lésions constatées
- Transmettre les documents nécessaires à votre agence d’intérim et aux organismes concernés afin de faciliter le dossier
Dans la mesure du possible, ces démarches sont réalisées le jour de l’accident ou dans les 24 heures qui suivent. Certaines situations particulières, comme une hospitalisation, peuvent toutefois justifier un délai supplémentaire.
Quelles sont les obligations de l’entreprise d’accueil ?
Même si vous travaillez dans ses locaux, l’entreprise utilisatrice n’est pas votre employeur. Elle doit néanmoins intervenir rapidement après l’accident.
Dans les 24 heures, elle doit recueillir les éléments permettant d’établir les circonstances de l’accident, notamment :
- La date, l’heure et le lieu des faits
- Les circonstances et les causes de l’accident
- La nature des blessures constatées
- L’identité des éventuels témoins
- L’existence éventuelle d’un tiers responsable
Une fois ces éléments recueillis, elle doit les communiquer aux différents organismes concernés par courrier recommandé :
- Au service de santé de la Carsat (Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail)
- A l’inspection du travail
- A votre agence d’intérim, qui pourra alors effectuer la déclaration officielle de l’accident auprès de l’Assurance Maladie
Quelles indemnités en cas d’arrêt de travail ?
Si votre état de santé nécessite un arrêt de travail, vous pouvez percevoir des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) afin de compenser une partie de votre perte de revenus.
Le montant de ces indemnités correspond à :
- 60 % du salaire journalier de base pendant les 28 premiers jours d’arrêt
- 80 % à partir du 29ème jour1
Contrairement à un arrêt maladie classique, aucune période de carence ne s’applique : l’indemnisation débute dès le lendemain de l’accident.
En tant qu’intérimaire, vous bénéficiez également d’un régime de prévoyance obligatoire qui vient compléter ce versement. Sous certaines conditions, cette garantie permet de maintenir une partie supplémentaire de vos revenus pendant toute la durée de l’arrêt : 50 % de votre salaire pendant les 30 premiers jours d’arrêt et 25 % de votre salaire au-delà
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Comment reprendre son activité après un accident du travail en contrat d’intérim ?
Après un accident du travail, la reprise de l’activité ne doit pas être précipitée. Selon la gravité des blessures et la durée de l’arrêt, un accompagnement peut être mis en place afin de favoriser un retour dans de bonnes conditions. L’objectif est de s’assurer que votre état de santé est compatible avec une reprise du travail et si nécessaire d’anticiper d’éventuels aménagements de poste.
Qu’est que la visite médicale de pré-reprise ?
Avant même la fin de l’arrêt, il est possible de bénéficier d’une visite médicale de pré-reprise. Organisée à l’initiative du salarié, du médecin traitent ou du médecin-conseil de l’Assurance Maladie, cette visite permet d’échanger avec le médecin du travail sur les conditions de retour à l’emploi. Elle peut être l’occasion d’identifier les difficultés liées à la reprise et d’envisager des solutions adaptées, comme un aménagement du poste, une adaptation du rythme de travail ou une orientation vers un autre type de mission.
Bon à savoir : La visite de pré-reprise n’autorise pas la reprise du travail. Son objectif est de préparer votre retour dans les meilleures conditions et de limiter le risque de rechute ou d’aggravation de votre état de santé.
Qu’est ce que la visite médicale de reprise ?
Après un accident du travail, le retour à l’activité doit s’effectuer dans des conditions compatibles avec votre état de santé. Si votre arrêt de travail a duré plus de 30 jours, une visite médicale de reprise est obligatoire. Réalisée par le médecin du travail, elle doit avoir lieu au plus tard dans les huit jours suivant votre retour et permet de vérifier votre aptitude à reprendre une activité professionnelle.
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(1) Ameli, Accident du travail : prise en charge et indemnité journalières, 20 janvier 2026.